m u l t i p l e s

FILMS


EVERY NIGHT ENDS

 

 

EVERY NIGHT ENDS

 

Un film de Nicolas Droin

Avec Elisa Ducret, Valentin Johner, Garance Rigoni, Samy Souiou

1h12min

2018

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Un groupe d'amis pris dans le mouvement d'une nuit à Paris, lors de la fête de la musique. Au cours de la soirée, le groupe se forme et se déforme, dessine ses propres cercles. Puis chacun repart vers son espace, jusqu'à s'y fondre...

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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NOTES SUR LE FILM

 

 

 

Nous nous sommes constitués comme un groupe fragile, un soir de fête de la musique. Nous nous connaissions peu, nous nous découvrions. Chacun était reparti chez lui au petit matin, et je m'étais dit que peut-être nous ne nous reverrions plus. C'est ce sentiment d'une soirée intense, simple mais fragile qui m'a donné l'idée de réaliser un film à partir de cette nuit. Le sentiment diffus de ne plus jamais se revoir s'est transformé en une idée plus fantastique. J'ai eu envie d'associer dans un film ces deux mouvements en apparence contradictoires : un réalisme "brut", proche du documentaire, avec une vision fantastique et poétique.

 

 

 

 

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Une sombre mélancolie, comme la prémonition d'un terrible événement à venir, la "peur d'une catastrophe qui a déjà eu lieu", contamine lentement le film. Derrière l'insouciance et la joie d'une soirée de fête, je voulais être au plus près d'une jeunesse souvent si mal dépeinte et caricaturée au cinéma. Etre au plus près des discussions réelles lors de soirées, de ce flottement des pensées, des craintes et des désirs. De l'absence de sens ou du sentiment de solitude aussi qui parfois nous étreint, tandis que nous sommes auprès des autres.

 

 

 

 

 

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Le film ayant été tourné en 2016, nous étions encore marqués par les attentats parisiens, mais également par le mouvement de la jeunesse contre la "loi travail", réprimé dans la violence par l'état et sa police. Quelque soit notre place, spectateur ou acteur, au sein des événements récents, nous nous sentions tous changés, bougés, perturbés par ceux-ci. Cette mélancolie qui plane, cette crainte que la fête s'arrête ou tourne au cauchemar est empreinte de cette sensation.

 

 

 

 

 

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Je réalise depuis des années un cinéma personnel et "amateur" au sens de celui qui aime et qui filme/tourne lui-même avec sa caméra, ceux qu'il aime, les lieux qui le touche. 

 

 

Tourner vite, avec des proches, retrouver les sensations d'un premier film. Tourner sans scénario, sans scripte, sans obligations. Tourner dans la rue, la ville, qui s'offre à nous. Intégrer l'accident, intégrer la beauté de ce qui survient, l'éphémère. Retrouver la liberté.

 

 

 

Nicolas Droin

 

 

 

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29/08/2018
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LE PHOTOGRAPHE

 

 

 

LE PHOTOGRAPHE

De Nicolas Droin

 

Avec Valentin Johner, Laura Mariani, Jeanne Ben Hammo, Arnaud Dupont, Fred Perez

37 minutes

2017

 

 

 

 

 

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Pierre photographie un couple sur un terrain de sport puis, avec son amie, imagine une série d'histoires possibles autour de ce couple, jusqu'à sombrer, lui-aussi, dans l'un de ces récits...

 

 

 

 

 

 

 

Bande annonce du film :

 

 

 

 

 

 

 

 

« Je crois que je sais regarder et je sais aussi que tout regard est entaché d’erreur, car c’est la démarche qui nous projette le plus hors de nous-mêmes, et sans la moindre garantie, (…) »

 

 

Julio Cortazar, Les fils de la vierge.

 

 

 

 

 

 

 

 

ECRIRE

 

Avant de penser à un film, je me pose à chaque fois la question de savoir comment, encore, raconter des histoires ?

 

Ce qui m’intéresse ce sont les histoires possibles qui se développent à partir d’un événement anodin : un couple sur un terrain de sport, un photographe, un troisième homme qui observerait la scène. C’est le fait même d’inventer des histoires qui m’intéresse dans ce film. Comment d’un geste, d’un regard, d’une image, naissent des récits, parfois contradictoires.

 

Dans ce scénario, qui s’inspire librement d'une nouvelle de Julio Cortazar, Les fils de la vierge, il ne s’agit pas de citation ou de mise en abîme : j’ai écrit ce scénario avec l’envie de creuser ces autres histoires possibles à partir de la même trame initiale.

 

L’une des questions essentielles de ce film tient au point de vue : qui regarde ? Qui raconte ? Est-ce l’appareil photo ou Pierre, ou bien encore est-ce la caméra ? Est-ce Lucy, ou la femme de la photo ? Le scénario multiplie les séquences parallèles, et les points de vue, pour essayer de donner à entendre et voir les variations possibles à partir d’un événement, d’une image, d’un mot.

 

 

 

 

VARIATIONS

 

A l'instar du titre du morceau de César Frank (Variation en si mineur) qui compose la bande sonore, Le Photographe est une libre variation. Variation autour de l'écriture : comme si nous assistions à une histoire déjà écrite, en train de s'écrire, à écrire. Quelque chose d'une mémoire en train de s'écrire au présent, dans le mouvement même de l'a venir toujours incertain, porté par l'imagination, la joie d'inventer mais aussi porté par nos peurs, nos fantasmes, nos hantises.

 

Les mots laissent une trace une fois prononcés. Ils impliquent des mondes, des vies, des possibles.

 

Variation autour du plaisir de raconter. Comme pour les enfants, qui aiment à inventer des histoires, jamais une histoire mais des histoires possibles, tant celles-ci entrent dans une série de variations et d'arrangements. 

 

 

 

 

RYTHME

 

Le Photographe est mon premier film dialogué. Le défi du montage à été de trouver le bon rythme pour construire et déconstruire ces récits multiples et superposés. Comment et où commencer un récit, comment et où l'arrêter ? Peut-on arrêter un récit, couper dans sa rythmique propre ? Comment passer d'un rythme à un autre ?

 

Le travail de montage a consisté à déplacer, condenser, les blocs de récits afin de leur laisser leur propre espace pour apparaître et leur propre espace de résonance. Je pense que les récits, s'ils peuvent se suffirent à eux-mêmes et engendrer des mondes autonomes, n'existent que si l'on laisse au spectateur un espace libre, un temps, pour que les mots résonnent.

 

Laisser un écart, entre les récits, entre les images, entre les mots, pour recréer cet espace propre à la résonance. 

 

 

 

 

 

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« Il fixa l’agrandissement sur un mur de la chambre et passa un bon moment, le premier jour, à le contempler et à se souvenir, en cette opération comparative et mélancolique du souvenir face à la réalité perdue ; souvenir pétrifié comme la photo elle-même où rien ne manquait, pas même ni surtout le néant, le vrai fixateur, en fait, de cette scène. »

 

 
Julio Cortazar, Les fils de la vierge.

 

 

 

 

 

 

LIEUX

 

J'accorde une grande importance aux lieux dans l'écriture de mes films. L'idée du Photographe m'est venue de l'association de la nouvelle de Cortazar, du film Blow up et d'une promenade dans le parc des Beaumonts à Montreuil. Il a fallu ensuite écrire un parcours dans la ville qui soit aussi un parcours dans la narration et un parcours mental. Comme si les cartes se superposaient. Ou, peut-être, comme s'il n'y avait plus de carte.

 

L'une des idées initiales était de déplacer et de dépayser les événements : le parc serait le lieu de la discussion, non celui de l'événement et la photographie initiale devait être prise dans un endroit en tout point opposé à un parc. Le terrain de sport présente cet espace plat, où l'on ne peut se cacher, vide, ouvert, l'inverse des méandres et recoins d'un parc. 

 

Les rues de Montreuil, son architecture entre ville post-industrielle et ville résidentielle, ses tags, tous ces éléments sont venus, à un moment ou à un autre, nourrir le film, lui donner corps, forme.

 

 

Le repérage photographique qui suit a été réalisé avant la réalisation du film, c'est à dire pendant son écriture même : 

 

LE-PHOTOGRAPHE-Repérage-N.DROIN.pdf

 

 

 

 

 

 

 

PHOTOGRAPHIES DU TOURNAGE 

Par Stéphanie Gutierrez-Ortega

VOIR LES PHOTOS

 

 

 

 

 

 

 

 

 

LE PHOTOGRAPHE

37 minutes - 2017

Ecrit et réalisé par Nicolas Droin

 

 

Avec

Valentin Johner

Laura Mariani

Jeanne Ben Hammo

Fred Perez

Arnaud Dupont

 

 

 

Aide à l'écriture

Jeanne Ben Hammo

 

Aide à la mise en scène

Marie Cogné

 

 

 

Assistante image

Stéphanie Gutierrez Ortega

 

Ingénieur du son

Philippe Belloteau

 

Aide au tournage

Cécile Achin

 

 

 

Musique originale

Alexandre Deschamps

 

César Frank,

Prélude en si mineur et Variation en si mineur

interprétés par 

Vincent Leterme

 

Enregistrement piano

Philippe Belloteau

Paulin Amato

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 


22/02/2017
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CONSTRUCTIONS

 

un film de Nicolas Droin

avec Roman Girelli

7min / 2009

 

Filmé en 2005, pendant le tournage de FRANK, ce parcours dans un immeuble en construction

a été monté en 2009.

 

Il s'agissait de chercher une autre sorte d'espace et de temps à partir d'un parcours linéaire.

De creuser l'espace et le temps par la surimpression.

 

Un labyrinthe en ligne droite, où l'espace et le temps se plient et se déplient sur eux-mêmes.

 

 

 

 



CONSTRUCTIONS par multiplesdv

 

 

 

 

 

 


26/07/2011


LIGNES

 

 


 

 Série de films documentaires sur Paris. Au rythme de la marche, de la déambulation, des parcours multiples de la ville/labyrinthe.

 

Initiée en 2003 par Prosper Hillairet et Nicolas Droin.

 

 

 

 

Pour retrouver le blog de Paris Lignes :

 

http://parislignes.blog4ever.com/blog/index-340484.html

 

 

Les films de la série LIGNES :

 

http://www.dailymotion.com/parislignes

 

 

 



10/02/2011


FRANK

FRANK

De Nicolas Droin

2007

 

 

 

 

« Pourquoi la mélancolie demande t’elle un infini extérieur ? Parce que sa structure comporte une dilatation, un vide, auxquels on ne saurait fixer de frontières (…) Plus  la conscience de l’infinité du monde est aiguë plus le sentiment de sa propre finitude s’intensifie. »

Cioran

 

 

Il est question d’images et de sons. Pas de dialogues. Pas d’histoire. Une ligne. Cette ligne c’est celle de Frank, mais très vite cette ligne se dédouble, se triple, se multiplie. Il y a comme des déviations possibles, il y a des doubles ou des clones, chaque scène constitue une variation autour d’un thème. Comme en musique. Mais toujours tout est connecté à Frank, à son appartement, d’où il trace les plans de la ville, où il s’enferme. Les différentes lignes, ou variations autour de la ligne, se rejoignent à la fin du film.

 

Il est question également d’intérieur et d’extérieur. C’est là que le montage est important. Comment faire se rencontrer deux « personnages » hétérogènes, comment tracer des connexions entre des lieux hétérogènes, comment faire se répondre, s’amplifier, deux images hétérogènes. Ce qui importe c’est comment les éléments se connectent ensemble, et ce qui résulte de chaque nouvelle connexion.

 

Il n’y a plus de personnage, au sens habituel du cinéma, il y a pourtant un être qui circule d’une image à l’autre, changeant parfois de costume, se suivant lui-même jusque dans les profondeurs de la ville. A l’origine une envie claire : le même acteur joue les trois « êtres » ou les trois « positions » : Frank, L’homme au chapeau et L’homme au club de golf. Il suffit d’une image de l’un, d’une apparition de l’autre ou d’un regard du troisième pour que le cours du film varie, pour que les frontières s’effacent. Un regard peut valoir un acte au cinéma. Un regard peut diriger un acte. Frank s’observe dedans/dehors, enfermé/ouvert, les yeux clos/grands ouverts, seul/plusieurs, vivant/mort.

 

Le cinéma permet de donner vie aux fantômes, aux ombres, aux doubles, et ce, avec le maximum de réalisme. Ce qui est filmé existe aux yeux du spectateur. Or ce que l’image, aujourd’hui numérique, enregistre, c’est la vie non organique du monde. Ce n’est plus une question de métaphore comme en littérature, ni de représentation comme en peinture : l’image du film donne vie aux pensées, les lieux comme autant de labyrinthes, couloirs sombres et étroits, ramifications, nerfs, cerveau en action. Les lieux sont des espaces « réels » et des espaces « mentaux » dans le même temps. Il n’y a plus besoin d’un fondu enchaîné pour passer du visage du personnage au couloir qui mène à la fois à un fond réel et au fond des souffrances mentales de l’être/film. Car le film est l’être qui souffre, le film est l’esprit dans lequel le spectateur s’égare.

 

 

Nicolas Droin

Mars 2007

 

 

 

Extrait

 


FRANK par multiplesdv

 

 


10/02/2011